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ésotérisme et modernité

NOTRE CERVEAU

QUELQUES CLEFS SUR LE FONCTIONNEMENT DE NOTRE CERVEAU

 

 

L’un des premiers mécanismes de notre cerveau est la comparaison, début du discernement. Il compare tout ce que nos sens lui soumettent, toutes les informations, l’une à l’autre, ce qui veut dire qu’il existe deux éléments, un objet et une référence. Cette vision dualiste nous entraîne volontiers dans un monde binaire, qui est parfois trop restrictif, nous masquant une vision globale des choses, ou nous limitant dans la perception de nouveaux concepts.

On s'est longtemps heurté, sans réellement trouver de solution, aux oppositions entre les théories ondulatoires et corpusculaires de la lumière. Ailleurs, la courbe ne serait qu'une droite avec un facteur « p ». On a vu évoluer dans l'électronique et l'informatique, les procédés analogiques et les procédés numériques, séries continues, séries discontinues...

Tout cela relève de la querelle de l'équerre et du compas pour les géomètres.

 Cela se retrouve de même dans la tradition initiatique, depuis le profane jusqu’à la réalisation spirituelle, la direction est simple, inaltérable et incontournable. Mais le chemin pour y parvenir est autrement complexe, et l'on sait comment les différentes voies de réalisation spirituelles, si elles mènent vers la réunion de l'homme avec Dieu, peuvent revêtir des schémas extrêmement différents. Ainsi, l'ensemble des découpages par degré, de quelque processus initiatique qu'il s'agisse, relève de l'arbitraire. Continuons sur nos comparaisons avec ce qui est le plus connu en Occident, tous les auteurs et tous les chercheurs, qui se sont penchés sur les rituels maçonniques, ont été frappés de la pluralité des expressions autour d'un même concept, et d'une même idée.

Il est évident que, selon les époques et les régions, les loges, les corps de métiers ou les chantiers en cours, on a découpé de différentes façons le message spirituel des initiations de métier, développant une simple allusion en un degré entier, ou au contraire, supprimant un degré en le remplaçant par un résumé du thème dans un autre grade. Ceci se passait à une époque où les écrits n'existaient que peu, ou pas, à une époque où l'on brûlait les archives à la fin de l'année, à une époque où l'on promettait de ne jamais tracer, graver ni buriner, non d'une façon symbolique mais tout à fait réelle. Les compagnons d'alors, comme ceux des temps modernes, ont eu ces promesses bien gravées dans leurs chairs.

Dans les initiations de métier, après la mort du Maître, les nouveaux maîtres sont des maîtres substitués. La vraie voie de la réalisation devient alors la reconstruction, qui mène à la redécouverte des anciens secrets considérés comme perdus. Toutefois les adeptes ne sont toujours pas des maîtres, mais des Princes et Chefs du peuple : Prophètes, Rois et Prêtres, le complément direct de cette thématique étant les Conseils de Chevalerie.

Cette chevalerie maçonnique peut être :

-         d’inspiration œcuménique Chevaliers de l’Epée, Chevaliers de l’Orient, Chevaliers d’Orient et d’Occident.

-         d’inspiration chrétienne : Chevaliers du Temple ou Chevaliers de Malte, Chevaliers Rose-Croix, Chevalier Saint…

-         dans le cadre d’un modèle sacerdotal selon Melchisedec : Prêtres Chevaliers de la Sainte Arche Royale.

Conférer la maîtrise ne serait ainsi qu’un leurre, ou pour le moins une étape intermédiaire… ?

«On reconnaît l’arbre à ses fruits », c’est donc aux faits, aux actes, aux réalisations, que l’on reconnaît les vrais Maîtres, et non à leurs titres, ou à la couleur de leurs décors, ou à leurs médailles. Ces vrais Maîtres auraient retrouvé les mots authentiques, ceux que comprend notre système limbique.

Ceci peut être une explication au fait que certaines Loges sont toujours florissantes, et les obédiences aussi fragiles, ou en proie aux querelles intestines.

 

 

 


 

LA LOI À GAUCHE ET LA FOI À DROITE DANS NOTRE CERVEAU ?

 

 

Les Écritures sont souvent présentées comme ayant différents niveaux de lectures. Nous retiendrons les quatre principaux niveaux, à nos yeux, que l’on peut développer en :

Un premier niveau, celui de la lecture littérale ou historique,

Un deuxième niveau, qui est moral, démonstration de ce qui est bien ou mal,

Un troisième niveau, qui est symbolique, abordant les représentations analogiques des textes,

Le quatrième niveau, qui est anagogique, révélant un sens caché des Écritures vers les conceptions les plus élevées de la spiritualité.

 

La pratique d’un rituel n’est pas la propriété exclusive des religions.

Les rituels scouts, militaires, ou autres ne sont pas religieux, pourtant, leur but est de lier les hommes ensembles, et ils véhiculent une morale, une éthique, donc une spiritualité, ne serait-ce que sous une forme embryonnaire.

Tout homme de foi a le droit de prier et de bénir. On peut donner une onction, sans qu’elle revête un caractère sacramental, ainsi Jacob oint la Pierre de Bethel, et Marie-Madeleine verse de l’huile parfumée sur les pieds du Christ. Ces onctions ont valeurs de marques symboliques, mais non religieuses. En effet, seul le sacrement religieux est réservé au sacerdoce « officiel », celui selon Aaron.

Dans les religions du Livre, tout homme a le droit, si ce n’est le devoir de développer en lui ses dimensions de prêtre, prophète et roi devant l’Éternel. C’est le sacerdoce de Melchitsedec, prêtre du Très Haut et Roi de Salem.

On peut rappeler les hommes à leurs obligations sans être un illuminé.

On peut diriger une prière communautaire sans faire de blasphème.

On peut présider une association sans être subversif.

Quant au secret des initiés, qui existe en tant que dépôt sacré, c’est-à-dire digne du plus profond respect, ce secret ne l’est pas plus que les délibérations de n’importe quel conseil d’administration, qui conduisent ceux qui le violent devant les tribunaux pour … délit d’initié !

Entre Dieu, le pouvoir, et l’argent, le choix du monde moderne est fait, mais ses rouages trahissent les principes humains dont toutes nos sociétés dépendent.

Or, par sa métaphysique, l’ésotérisme utilise la façon dont notre cerveau, par l’intuition ou l’analyse, peut aborder la conception de Dieu. Dieu n’est d’ailleurs pas considéré comme un concept, mais le cerveau pour fonctionner a besoin de se fabriquer « une fiche conceptuelle ». Cependant, comment appréhender la façon dont le cerveau saisit une partie de cette nature divine ?

 

L’ésotérisme traditionnel demande à l’homme en quête de sa nature profonde : « Qu’as-tu fait de ta foi ? » Cette interrogation étant l’étape précédant une philosophie de l’action, elle permet au cherchant de définir au nom de quel idéal il mène sa vie : Dieu, l’homme, le pouvoir, l’argent ou une intuition abstraite… ? N’oublions pas qu’un jour nous aurons à rendre des comptes pour ce que nous avons fait, mais aussi, en tant qu’initiés, pour ce que nous n’avons pas fait. Si d’aucuns sont responsables de leurs actes, en bien ou en mal, d’autres en effet savent que le bien et le mal sont des notions relatives dont on ne maîtrise pas la finalité. Mais, les initiés qui se veulent par au-delà du bien et du mal, puisqu’ils ont été rachetés, ou éveillés, ou qu’ils sont dépositaires d’une connaissance, ceux-là auront à répondre de ce qui a motivé leur choix.

Notre perception de l’univers passe par nos cinq sens, et nos informations sont traitées par notre cerveau jusqu’à de profondes abstractions (car très élevées !). Dieu n’y échappe pas. Qu’il soit Père omniscient, Incarnation omnipotente, ou Esprit omniprésent, le cerveau humain, qui fonctionne par analogies en créant des schémas conceptuels (fiches de références dans des classeurs hiérarchisés), cet intellect élabore forcément un concept de celui qu’il nomme Dieu.

Peu importe que ce concept soit restrictif ou insuffisant.

A titre d’analogie, le cerveau se fait un concept de la lumière, alors même qu’il sait que son œil ne voit qu’une étroite bande spectrale du rouge au violet, et de même encore, il sait devoir combiner les théories corpusculaire et ondulatoire de la lumière qui ne devraient pas être conciliables.

Dans le même esprit, les nombres entiers sont infinis, mais le nombre des décimales entre deux nombres entiers est également infini ; un cercle est constitué d’un nombre infini de points équidistants du centre et il existe aussi une infinité de rayons à cercle, chaque rayon étant formé d’un nombre infini de points. Combien y a-t-il d’infinis ? Sûrement un nombre infini ! L’homme est incapable de concevoir l’infini, mais il est bien obligé d’en accepter un concept pour l’utiliser, notamment en mathématique. Nous n’insisterons pas sur le « zéro » et l’infini.

Ce concept de l’infini n’est pas un dogme.

Si nous comprenons pourquoi et comment l’homme a si souvent associé le concept de l’infini pour se figurer le concept de Dieu, nous pouvons appréhender comment une démarche ésotérique permet à notre cerveau humain de se faire une fiche de référence, un schéma conceptuel, de ce que nous pressentons sous le nom de Dieu. Les scientifiques savent aujourd’hui que les neurones qui traitent ces informations sont dans notre hémisphère droit, et les étudient attentivement. Le système limbique contrôle nos émotions et notre comportement. Il gère notre mémoire à long terme, nos capacités d’apprentissage. Ces noyaux sont activés par la méditation, la prière, etc… Les neurones engagés dans la peur viscérale, l’agressivité incontrôlable, et la gratitude (miséricorde), sont étonnement en relation. Ceci expliquerait une partie des mécanismes de l’endoctrinement fanatique ou sectaire. Ils joueraient peut-être sur les mêmes centres nerveux que ceux de l’appartenance religieuse ou communautaire, mais de façon pathologique. On peut alors se forger des concepts « naturels », ou des concepts erronés, pathologiques, sources de toutes les déviances. Chez les droitiers, l’hémisphère gauche du cerveau héberge le centre de la parole, les raisonnements analytiques de type mathématiques, alors que le droit sera plutôt celui du sens artistique, de l'intuition, de la spiritualité. Qu’en est-il des personnes mal latéralisées, et des femmes dont la répartition de certains centres diffèrerait de celle des l’hommes? Nous n’en savons rien aujourd’hui, si ce n’est que certaines organisations n’initient pas celles-là.

Nous voyons qu’ainsi, il est difficile, voire impossible à notre hémisphère gauche d’exprimer très précisément des « sentiments », ou certains concepts, issus de son homologue droit, tout comme à ce dernier de se trouver stimuler raisonnablement par des informations issues de ses neurones de gauche. Le rituel est un processus qui permet généralement de les faire fonctionner ensemble. Les interactions avec la mémoire à long terme expliquent la nécessité du travail par cœur dans certains rites. Apprendre par cœur n’est pas un but en soi, mais une étape indispensable à la réalisation spirituelle selon les voies de l’initiation de métier. Il faut peut-être faire une différence entre réciter par cœur et réciter de tête : droite et gauche ?

La Sainte Trinité, le Dieu des Chrétiens, le Dieu des Juifs, ou celui des Musulmans sont des notions que le cerveau ne peut appréhender, surtout le gauche, mais qu’il doit intégrer dans son fonctionnement.

Il est intéressant de constater que ces trois attributs qui viennent d’être cités plus haut concernant Dieu Omnipotent, Omniscient et Omniprésent, caractéristiques du monothéïsme des religions du livre, sont très suggestifs de ce que le christianisme retient sous le nom de Sainte Trinité. À l’origine, les dogmes chrétiens sont des assertions qu’il convient d’accepter sans les discuter, car ils correspondent non à des vérités, mais à des propositions de schémas, faute de mieux.

Ne dit-on pas que « la Géométrie est l’art de raisonner juste sur une figure fausse »?


 

QUELQUES SYMBOLES

 

 

À titre d’exemple, de la méthode à suivre, nous allons aborder quelques symboles lié à certaines traditions initiatiques, et à certains ordres de chevalerie. Peu importe d’où ils viennent, car ce sont les principes, les enchaînements, les mécanismes qui doivent solliciter notre attention.

 

L'AUTEL

L’autel est un des éléments fréquents de tout exercice de spiritualité.

L’un des premier autel est la pierre du sacrifice d’Abraham, puis la Pierre de Béthel, ointe par Jacob qui avait dormi dessus lors de sa vision.

La quête spirituelle arrivant dans une phase de pratique nécessite, nous en reparlerons ailleurs, une action de type sacrificiel. Qui dit sacrifice, dit autel. L’autel est à l’origine une pierre cubique, ou une table de pierre où l’animal est abattu, dépecé, les morceaux préservés à Dieu sont brûlés. Il devient le centre du Temple. Tout sacrifice étant l’aboutissement d’une action violente, fut-elle symbolique, la présence d’un autel est un signe de la reconnaissance de la nature humaine dans ses traits positifs ou négatifs.

En Franc-maçonnerie, on parle dans certains rites d’un autel des serments, qui supporte la Bible, l’équerre et le compas.

Chez les Chrétiens, l’autel est cette table de Pierre centrale, la surface sur laquelle la Messe est dite.

Par extension on considère souvent comme un autel une table sur laquelle quelques objets sacrés sont disposés, un Graal, une statue.

Or, souvent l’autel ou certains de ses éléments sont voilés, comme l’iconostase chez les chrétiens orientaux, comme le Saint des Saints occulté derrière le rideau du Temple de Jérusalem, ou du Tabernacle dans le désert…

 

 

VOILE ET RÉVÉLATION

Pour l’entendement de la spiritualité, on parle d’enseignement, mais aussi souvent de révélation. L’enseignement traditionnel n’est pas seulement livresque, il peut être oral, ou peut revêtir d’autres modes de transmission, comme l’exemple. Mais son but est de provoquer une compréhension dans l’esprit de l’étudiant, lui permettant d’aller au-delà de l’enseignement prodigué : c’est la révélation, ou apocalypse. Révéler, étymologiquement, a pour racine le mot voile.

Le voile cache, mais aussi, il donne une image de ce qu’il recouvre, comme un vêtement. Le vêtement cache notre nudité, mais il nous habille, il nous décore. La vision que les autres ont de nous est intimement liée à notre aspect, et ce dernier dépend tellement de notre vêture que l’on emploie les plus grands soins à la travailler. Des hommes peuvent d’entretuer pour l’aspect des vêtements, parce qu’ils sont porteurs d’une identité culturelle ou sociale. Porter un chapeau, une coiffe, un voile, est lourd de significations. On a obligé les femmes durant des siècles à avoir la tête couverte, et aujourd’hui on le conteste fort, dans certains contextes. Au XVIIIème siècle, Pierre le Grand à la cour de St Petersbourg faisait couper la tête aux nobles qui refusaient de se couper la barbe, quel barbare ! Mais ne sommes-nous pas aussi prêts à lyncher certains individus d’après leur tenue ?

Le voile nous rappelle les premiers artisanats développés dans la Bible par les enfants de Lamek (?), Yabal fut le père des pasteurs nomades, les descendant de Youbal furent musiciens . Selon certains, le tissage aurait été inventé par leur sœur Naama. Tubaalcaïn avec le travail des métaux ne vient qu’après.

Le symbolisme initiatique, dont l’artisan du Tabernacle dans le désert, Oholiab, est un maître, est au moins aussi important que celui des bâtisseurs qui remonte à Caïn.

En matière de Chevalerie, le symbole du tissu est lourd de signification pour ces hommes bardés de fer, le glaive dans une main et le bouclier dans l’autre. Le tissu sert à porter les couleurs. Les couleurs de sa dame au tournoi en est un exemple, certes, mais n’oublions pas que la vexillologie est la science des voiles que sont drapeaux, étendards, gonfanons, fanions, bannières oriflammes, etc… Ceux-ci avaient un rôle primordial servant, de ralliement, de communication, d’identification.

Le voile rassemble, mais aussi il sépare, protège, habille et occulte. Or, le voile peut aussi être translucide, c’est-à-dire qu’il laisse passer la lumière sans l’image. Selon son maillage, le voile peut aussi, sur les yeux, permettre de voir sans être vu, il peut au contraire tout cacher, comme un bandeau.

Le voile peut recouvrir un autel, ou une effigie, ou une icône, mais il nous évoque aussi les voiles du Temple, ou du tabernacle, séparant le lieu Saint et le Saint des Saints. Ce voile était tissé, de couleurs connues, le bleu, le rouge, le pourpre (union des deux précédentes), le blanc . Ces voiles comportaient peut-être aussi, comme dans les autres civilisations de l’époque, des chérubins gardant l’entrée, comme ceux-là sculptés dans le Temple. Passer au travers des voiles, c’est aussi se faire reconnaître à divers niveaux pour ce que nous sommes et non pour ce que nous paraissons. C’est l’équivalent initiatique du « Je suis ce que je suis ».

Le port de la cape ou du manteau des chevaliers est porteur d’un symbolisme analogue, car le manteau des templiers, par exemple est un large morceau de tissu dans lequel il s’enveloppe. Comme chez les musulmans, ce manteau servait vraisemblablement parfois de linceul sur le champ de bataille. Ce manteau est généralement marqué des insignes de l’Ordre.

Dans la Bible, le prophète Élie transmet ses pouvoirs à Élisée en l’enveloppant dans son manteau.

Quant à Mahomet prenant son gendre sous son manteau, tous les Chiites y voient la transmission de son autorité prophétique à Ali.

Toutes ces significations sont très riches, mais parfois ambivalentes. Le  voile cache, mais pour comprendre, notre cerveau a besoin d’une révélation, c’est-à-dire d’un nouveau voile. Ceci ne nous étonnera pas car cela correspond à des éléments déjà connus sur la psychologie cognitive, et sur la façon dont travaille notre cerveau par comparaisons.

La vérité nue ne peut se laisser appréhender par notre cerveau qui nécessite une représentation, donc un voile. Ainsi nos vérités initiatiques sont le plus souvent enseignées sous le voile du symbole et de l’allégorie, car il n’y a pas d’autre moyen d’en acquérir une idée. C’est une bonne représentation de ce que peut être l’ésotérisme.

Savoir ce qui se trouve sous le voile est du ressort de l’initié, car la méthodologie du « je cache » nous permet de passer du secret au sacré.`

Au début l’initié ne sait pas, après il est prudent, ensuite il est méfiant.

Bouclons le cercle concernant ce que nous avions dit sur l’autel et la violence, et  l’on comprend pourquoi un autel doit être voilé pour ménager certaines sensibilités, fragilités, incompréhensions, ou plutôt pour les respecter, car en matière initiatique ou respecte, mais on ne ménage pas à proprement parlé.

 

 

LE PENTALPHA

Le pentalpha, ou étoile à cinq branches, est un symbole qui remonte à la nuit des temps, au premier géomètre, dès que l'homme a voulu tirer des traits. Ce pentagramme par ses cinq côtés fut le symbole favori des pythagoriciens.

C’est la suite logique du triangle et du carré. Le triangle ne permet pas d’autres tracés entre ses points que lui-même. Le carré permet de tracer des diagonales et ainsi une croix en définissant un cinquième point central.

Le pentagone permet le tracé du pentagramme sans point central, mais avec un pentagone central inversé.

Les valeurs des angles sont de 72° et de 108°, chiffres importants en numérologie. Sa construction obéit à la divine proportion, ou au nombre d’or, qu’il permet de révéler.

Il a toujours suscité l'intérêt des symbolistes, car le tracé des deux pentagones, le second au centre et inversé cette fois, symbolise ainsi l'imbrication du microcosme dans le macrocosme.

On parle de pentalpha parce que les cinq pointes peuvent se tracer comme cinq alphas majuscules, ou « A majuscules» entrelaçés les uns avec les autres. Il est bien évident que l'hexagramme, sur lequel nous reviendrons, malgré ce qu'en disent certains auteurs, cet hexagramme ne saurait mériter le nom d'hexalpha, car ce tracé est impossible avec 6 « A ».

Le pentalpha est également en rapport avec la connaissance. Orientable, pointe en haut ou pointe en bas, il peut être bénéfique ou maléfique. Utilisé en magie, il devient un penatacle. Certains superposent son tracé pointe en bas avec une tête de bouc, lui donnant une signification satanique.

Mais a contrario, on trouve en Catalogne une clé de voûte à la cathédrale de Gérone représentant un Christ en majesté entouré de quatre pentalphas dont les pointes sont enflammées.

 

 

L'HEXAGRAMME

Très souvent, l’hexagramme est représenté comme la suite du Pentalpha, ce qui relève que d’une réalité très étroite, et peu symbolique : le 6 succède au 5 !

L’hexagramme occidental est sans rapport avec les hexagrammes chinois du Yi King, au nombre de soixante-quatre, et qui sont une sorte d'alphabet symbolique. Attention au syncrétisme.

La figure de l’hexagone permet de tracer l'hexagramme, par l'entrelacement de deux triangles équilatéraux. Il est ainsi connu dans les milieux cabalistes comme étant le bouclier de David, ou le sceau de Salomon. Il correspond à la jonction équilibrée du triangle spirituel, base en haut, et du triangle humain ou matériel, base en bas. C'est également un symbole alchimique enseignant que « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut», pas identique, mais semblable. Une image ou un reflet n'a jamais été une réalité, l'apparence n'étant jamais la vérité. C'est l’équilibre des contraires, un état de stabilité. Nous noterons que les étoiles à sept branches, additionnant alors un triangle et un carré apparaissent dans d’autres degrés adjacents de l’Arche Royale. Cette figure à sept points ne peut pas être tracée par construction géométrique, ceci indiquant encore un changement de plan et une nouvelle dimension, où le chiffre 7 règne en maître.

Cette séquence des figures du triangle à heptagone est une clé de la géométrie appliquée à l’initiation.

 

Voyons à présent la dynamique des deux triangles, ou le rapport du monde d’en haut avec celui d’en bas.

Deux triangles égaux et équilatéraux s’affrontent par un sommet de telle façon que les côtés se trouvent dans le prolongement l’un de l’autre, à l’image d’un X. Les forces opposées ne se mélangent pas, mais ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Les deux mondes se regardent dans un miroir ou tout est inversé.

Les triangles s’interpénètrent jusqu’à ce que les pointe touchent les bases opposées en leur milieu. C’est le Sceau de Salomon, le fils, ou Bouclier de David, le père, il est représenté par deux triangles inversés égaux et équilatéraux, dont chacun des côtés de l’un coupe les côtés de l’autre en leur milieu. C’est une figure statique, équilibre des forces contraires, avec une zone commune en hexagone, et des pointes particulières aux deux mondes.

Si le mouvement se poursuit, les deux bases se confondent et la figure forme un parallélogramme caractéristique : un losange. La base commune représentant une humanité sans cesse en conflit entre le monde du haut et celui du bas.

La Shékina est parfois représentée comme un triangle équilatéral avec un second triangle interne formé par les  lignes joignant les milieux des trois côtés. Cette figure est remarquable, et très représentative d’un ésotérisme traditionnel et initiatique. On obtient en effet trois petits triangles à chaque extrémité et un quatrième inversé au centre.

Ce schéma est dynamique, orienté, et multiplicateur.

La signification en est la suivante : En assemblant trois éléments d'une façon particulière, on crée un quatrième élément inversé par rapport aux trois autres. Ceci est un grand secret la géométrie, car il s'agit là d'une des voies de la matérialisation ou de la création de certains éléments.

C'est en assemblant leurs trois Noms divins et en joignant leurs trois prières, orientées vers le haut, vers Dieu, que les initiés vont provoquer la manifestation d'un quatrième élément orienté vers le bas, et attirer la bénédiction sur l'œuvre entreprise. Nous démontrons ainsi comment « l'union des trois » que nous avons déjà abordée dans un précédent chapitre peut permettre la sacralisation d'un lieu, ou d'une personne, ou d'un événement. On sort ainsi complètement de la notion d'égrégore, qui ne saurait dépasser le niveau des participants rassemblés, pour entrer dans la notion de manifestation. « Quand le Disciple est prêt, le Maître apparaît. »

Notons dans le symbolisme du « 4 », comment opère le processus initiatique quant à certains noms divins.

Voyons la composition du premier tétragramme YHWH : trois lettres dont l’une est redoublée. Voyons dans la Kabbale hébraïque l’une des significations des premières lettres du tétragramme : le YOD représente la semence, la potentialité, l'impulsion fondamentale, le premier HÉ est la matière dans laquelle le Yod agit pour matérialiser, réaliser ou créer, le VAV est l’action qui matérialise le Yod dans le HÉ. Mais, la quatrième lettre, le second HÉ, par sa redondance, boucle le cycle de manifestation en cours et prépare le cycle suivant où il servirait de « Yod », qu’il remplace, pour la nouvelle création dans la triade suivante.

Le nom d’Allah est aussi un tétragramme. Les deux « a » sont différents, le second modifié par la lettre « h », mais les deux « l » sont identiques. Nous nous trouvons ainsi en présence de trois lettres dont celle centrale est redoublée. Coïncidence ?

Bien que nous n'en ayons trouvé trace nulle part, nous pourrions proposer une interprétation qui n'engage que nous du tétragramme chrétien INRI, trois lettres dont l’une est redoublée: il donnerait une redondance de la première lettre. Ceci pourrait se concevoir dans une Kabbale de type chrétien, où le triangle inversé joue un grand rôle, notamment chez les hermétistes et les alchimistes (Igne Natura Renovatur Integra). La notion de réintégration, et de retour au principe, est alors primordiale.

Un autre tétragramme à lettre redoublée, maçonnique celui-ci, existe avec les initiales : J.B.M.B.

Pour toute personne ayant une petite teinture de biologie, l’allusion à un codage à quatre lettre (mais pas de redoublement) évoque d’emblée les mécanismes de l’organisation et de multiplication de l’A.D.N. (Acide Désoxyribo-Nucléïque). Tout ce qui vit sur terre possède une molécule d’A.D.N. ou de d’A.R.N. (Acide Ribo-Nucléïque), dont la clé est constituée par quatre acides aminés, l’adénine, la thiamine, la guanine et la cytosine. Les combinaisons A.T.G.C. sont les bases du génome de tout ce qui vit. Ces molécules sont la clé de la fabrication de toutes les protéines qui sont les éléments spécifiques de la vie. S’il y a protéine, il y a vie. Toute protéine est constituée de la combinaison d’une vingtaine d’acides aminés, soit vingt lettres dont quatre de bases pour exprimer toute vie. Intéressant pour les kabbalistes ?

L’ADN forme une double hélice, et l’A.R.N. une simple hélice.

Ce schéma hélicoïdal, en escalier à colimaçon évoquant le caducée des médecins et pharmaciens. Il a inspiré quelques réflexions à Jérémy Narby dans son livre « le Serpent Cosmique ».

À la lumière de ce qui précède, on ne peut être qu’admiratif devant les messages cachés dans les symboles et mythes initiatiques, et expliquant pourquoi il ne faut pas trop y toucher.

Le triangle équilatéral symbole de Dieu représente aussi les pouvoirs créateurs, protecteurs et destructeurs de la Divinité.

Le pouvoir créateur et protecteur de la Divinité est bien connu de tous, et parfaitement admis, mais le troisième pouvoir, celui de destruction, tant redouté, est généralement refusé, ou oublié volontairement, par les profanes. Quand il est mis en exergue, on parle de divinité maléfique comme Baal ou Shiva. Le Dieu vengeur de la Bible ne fait pas recette auprès des fidèles. Seuls ceux qui sont morts une première fois, et qui sont deux fois nés, ont une connaissance, du moins partielle, de la nécessité et de la place de la destruction dans l'œuvre de la création. Nous sommes dans un processus continu de la création divine, dont la composante du temps n’est qu’une variable.

L'architecte pour construire doit raser ce qui existait auparavant, et s'il construit en terre vierge, c'est alors la nature elle-même qu'il doit détruire. Le jardinier sait qu'il faut tailler et couper, que si le blé ne meure, il ne peut renaître au centuple. L'homme de l’art, dont le discernement permet de comprendre sa propre place dans le projet divin, donne un ordre nouveau à ce qui l'entoure. La création est un acte permanent dépassant la temporalité, et la vie elle-même n'existe que par équilibre avec la mort; car pour passer d'un état à un autre, il faut forcément quitter le précédent. Ce que Dieu a donné, Il le reprend toujours, et Il est le seul à pouvoir juger, en dehors des cycles temporels, de ce qui est juste ou de ce qui ne l'est pas.

L'homme est né de la poussière et retournera à la poussière.

Que sont en face de cela nos plaisirs, nos joies, nos peurs et nos tristesses individuelles? Tout, si elles restent à l'échelle de notre humanité personnelle, rien, si elles viennent s'inscrire dans le plan d'ensemble de la création du Grand Architecte de l'Univers. C'est donc à nous de faire l'effort de reconnaître et d'admettre le plan divin afin d'inscrire nos sentiments dans son harmonie universelle. Cette voie nous est donnée par la révélation de la volonté divine, exprimée le petit triangle inversé dans le grand, exprimant l'essentiel des grands principes du plan créateur divin, ainsi que les règles de conduite nous permettant d'être des «co-laborateurs» du Grand Architecte de l'Univers.

 

LE TAU ET LA CROIX

Dans certains rituels, tour à tour, le tau est une marque, un signe, puis un symbole de la vie.

Mais, le tau en forme de T est aussi l’un des modèles de la croix le plus répandu lors du premier siècle du christianisme. La croix est un symbole d’origine égyptienne, bien connu dans sa version de la croix ansée. Cette croix reste toujours le symbole préféré des franciscains avec cette forme très spécifique. Dans le symbole de la croix, le support vertical représente l’axis mundi, l’axe du monde, mais peut-être plutôt des mondes. La branche transversale est le symbole du croisement avec un plan de l’existence. Certaines croix sont encore plus directives, en précisant deux ou trois niveaux, par deux ou trois barres transversales, pouvant être respectivement de longueur variable. Nous n’allons pas explorer tous les cas de figure, mais attirons l’attention sur les croix orthodoxes, avec :

-         une barre inférieure de crucifixion des pieds, généralement oblique, représentant le monde matériel dans sa dualité, où nos actes sont pesés, reposant sur un crâne, à la fois le Golgatha, mais aussi la mort, terme inéluctable de toute vie matérielle.

-         la barre transversale des bras qui symbolise le monde des chrétiens, de la religion, du salut des multitudes, de l’exotérisme. Le Soleil et la Lune sont parfois représentés au-delà des mains.

-         et enfin la barre supérieure, panneau de l’inscription INRI, dont les bras sont courts, symétriques et perpendiculaires, indiquant la voie du petit nombre des élus, ou de l’ésotérisme. « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus »

La croix en forme de tau est celle qui se rapproche le plus de la réalité historique. Un poteau de torture, fiché dans le sol, restait en permanence sur le lieu des exécutions. Seul le bras horizontal était amovible, simple planche peut-être, ajouté pour les crucifixions.

Cette croix en tau représente pour les moines franciscains l’épanouissement de l’Être sur les plans supérieurs, au plus simple, sans entrer dans une cosmogonie complexe, ou plus directement le changement de plan nécessaire à la révélation. C’est comme regarder la surface lorsque l’on est au fond du puits.

La croix à quatre branches représente la matérialité, le chiffre 4, et même l'axis mundi; par contre la croix sans sommet, ou tau, se réfère à la fois au symbolisme du binaire et du ternaire, d'une façon qui rappelle assez le symbole de la rose-croix, car en fait, la barre horizontale représente l'épanouissement lorsque l'on est arrivé au sommet de sa quête, l'axe vertical représentant l'élévation spirituelle de l'être. C’est le passage de la dualité au ternaire.

C'est ainsi sans surprise que l'on retrouve souvent des caducées en forme de tau avec un serpent cloué dessus, ce qui n'est pas sans évoquer en plus le serpent d'airain de Moïse dans le désert.

Le tau est évoqué aussi dans l'Ancien Testament, dans la prophétie d'Ézéchiel : «Passe au milieu de la ville et fais une marque sur le front de tous ceux qui se lamentent...». La tradition rapporte encore que, si Isaac fut épargné lors de son sacrifice, ceci fut dû au fait que le bois qu'il portait sur ses épaules lui donnait une silhouette en forme de tau. L'ancienne lettre tav en hébreu se rapprochait tout à fait de la lettre tau en grec, alors que le thêta présente une forme complètement différente. Il semble que le tav en hébreu a toujours été un signe pour marquer quelque chose, tout comme dans l'alphabet moderne on utilise le « X » en forme de croix de Saint-André. Cette lettre tav aurait préfiguré la marque apposée comme signature par ceux qui ne savaient pas écrire.

 

Dans la franc-maçonnerie de l’Arche Royale, on ne peut évoquer le symbole du triple tau sans songer au sigle I.H.S. avec soit une croix, soit un tau surmontant le H. Ce trigramme, connu depuis de nombreux siècles, a maintes interprétations selon les traditions . Les plus connues : soit Iesus Hominum Salvator, soit In Hoc Salus, le tau surmontant alors le H. Ce graphisme rappellerait ausssi le « In Hoc Signo Vincet » de l'empereur Constantin, ensuite une erreur de translittération depuis le grecque, à la place de IESOU en abréviation IHS, d’autres significations encore ont été proposées : Instar Homini summus, In Homini Salus, Imago Hominis deuS.

Le symbole du tau venant des disciples de Saint François d'Assise, celui qui parlait le langage des oiseaux, il revêt vraisemblablement une connotation ésotérique très proche de nos recherches les plus profondes. Les chrismes, et le symbole du poisson, sont également des combinaisons de jeux de lettres.

Le symbole de la croix ansée des Égyptiens diffère du symbolisme du tau en raison de cette boucle, qui est une image parfaite de ce qui n'a ni commencement ni fin dans le temps. Nous retrouvons sur une pierre à graver des premiers siècles après Jésus-Christ, un chrisme, dont l'axe vertical en forme de tau est particulièrement suggestif, d'autant plus que nous voyons, dans la partie inférieure au pied de cette croix, le mot Salus également évoqué dans In Hoc Salus.

Chez les chevaliers, remontant au temps des croisades, l’épée avec sa garde droite classique forment une croix que l’on hésite pas à prier avant le combat, et que l’on fiche sur une tombe en guise de crucifix. Les sabres ou autres coutelas n’ont pas ce symbolisme.

Quant à la croix dite de Malte adoptée par les marchands d’Almafi, ce symbole des quatre pointes de flèches se touchant au centre, certains évoquent une origine carthaginoise avec Tanit !

Le terme de croisade inclut le symbole de la croix, mais  il s’est étendu en matière de navigation au terme de croisière.

 

 

LA BANNIÈRE

En dehors de l’aspect du voile déjà abordé, la bannière a un rôle de fédération de personnes qui se placent en dessous.

La principale référence biblique à des bannières se rapporte aux douze tribus de l’Armée d’Israël, et donc aux douze fils du Patriarche Jacob. Le symbolisme de ces douze bannières doit être étudié en les considérant de deux façons différentes; d'une part les douze bannières représentant les douze tribus, et d'autre part les quatre étendards de tête des quatre divisions de l'armée d'Israël.

Il n’y a pas de superpositions strictes des douze bannières avec les douze fils de Jacob, puisque la Tribu de Levi n’aura pas de territoire en Canaan, et que les deux fils de Joseph (Manassé et Ephraïm) se partageront la tribu de leur père.

La bénédiction de Jacob, comme les bénédictions précédentes de la Genèse, donne des indications particulièrement intéressantes sur les invocations des forces mobilisées.

En ce qui concerne les quatre bannières représentant un bœuf, un homme, un lion, un aigle, leur signification est universelle.

Elles ont inspiré les armoiries de toutes les plus grandes familles en Europe.

On ne peut manquer la référence à la vision du prophète Isaïe, dans cette célèbre théophanie où les anges, au milieu des cercles de feu, présentent quatre faces : une face d'homme, celle d'un taureau, celle d'un aigle, et celle d'un lion. Ces quatre «vivants» ont été repris dans le christianisme, et symbolisent les quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean. Les symboles sont respectivement, l'aigle pour Saint Jean, le Lion de Saint Marc, le bœuf pour Saint Matthieu, et l'homme pour Saint Luc.

Ces quatre symboles se retrouvent présents, non sans raisons, en Franc-maçonnerie dans les armoiries de la Grande Loge des Anciens et sont donc toujours en bonne place dans les armoiries de la Grande Loge unie d'Angleterre.

Le taureau ou le bœuf est symbole de sacrifice et de fertilité. On sait que dans le pays de Canaan, celui de Melkisédeq vraisemblablement, Dieu était El, représenté par le taureau de la fertilité, encore appelé le Compatissant. Le boeuf Apis a le même rôle dans la mythologie égyptienne. Ephraim est de même un symbole de fertilité.

 L'aigle avec son œil qui voit évoque le prophétisme. L’aigle représente la tribu de Dan, qui veut dire juge. Les Juges, comme les Prophètes sont en communication directe avec Dieu ; l’aigle exprime la rapidité et la promptitude avec lesquelles les volontés de Dieu sont exécutées.

 L'homme est dans la plénitude de ses pouvoirs adamiques : royal, prophétique et sacerdotal. Il peut parfois se présenter comme une ange. Mais, l’homme est au-dessus des anges, car il a son libre arbitre. Il est ainsi représenté comme Ruben, dans toute son humanité, dans sa grandeur comme dans sa petitesse.

Le lion couché est l’emblème de la tribu princière de Juda, de la lignée royale de David et donc du Christ.

 

Dans le Degré de Chevalier de l’Epée, attenant à l’Arche Royale, citons le rêve de Cyrus : Dans mon rêve, j’ai vu un lion prêt à m’attaquer et à me dévorer et à quelques pas de là Nabuchodonosor et Beltshazzar se tenaient enchaînés. Ils étaient comme frappés d’admiration devant une Gloire évoquant la splendeur du mot sacré que les maçons donnent au Grand Architecte de l’Univers.

Dans les cieux, apparut un aigle tenant dans ses serres un ordre :

”Rends la liberté aux captifs sinon tu perdras ton trône.”

Cette association de l’aigle et du lion peut être sujet de réflexion. Le lion est le symbole de Babylone, mais aussi des Perses. La louve romaine, le coq gaulois, le léopard normand sont des restes de ces attributs.

 

Au Rite Écossais Rectifié, dans les rituels de J. B. Willermoz, lors de la cérémonie de Maître écossais de Saint-André, un tableau est présenté au candidat, figurant un lion couché dans une grotte, jouant avec des instruments d'architecture sous un ciel d'orage.

Cette référence au lion est donc une constante caractéristique du candidat sur le chemin de la redécouverte de la parole perdue.

 

À Babylone, comme à Persepolis, les représentations des lions, taureaux, aigles, etc… sont multiples, associant souvent celles-ci en des animaux mythiques, sphinx, griffons, licornes.

La porte d’Ishtar en est couverte, il faut avoir visité Babylone et vu le Lion de pierre terrassant son ennemi à la porte du désert pour comprendre la puissance de ce symbole.

Les Chérubins qui gardent l’entrée du Jardin d’Eden sont parfois représentés sous forme de taureaux ailés.

Les Égyptiens eux-mêmes présentent leurs dieux avec des têtes d’animaux.

Si, effectivement, le lion représente la royauté, le taureau exprime la fertilité, delà , comme animal de sacrifice , le sacerdoce , et l’aigle indique la volonté divine, comme le prophète, alors, ces trois animaux évoquent les dignités vers lesquelles tend notre humanité.

Ainsi le tétramorphe peut-il être considéré, dès les anciens temps, comme la représentation d’une spiritualité universelle ou œcuménique.

 

 

De la Confrérie à la secte

Certains rituels sont les véhicules de mots et d’idées associés aisément repérables : serment, conjuration, secret, obéissance aux ordres…

D’autres rituels encore sont ouverts, parlant d’Ordre universel, de fraternité initiatique, de métaphysique, de sacré, d’obligations, de devoirs envers autrui…

Encore une série de dualité :

serment

obligation

autel des serments

autel de la fraternité

secret

sacré

secret

caché

secret

voilé

science

art

connaissance

savoir

obéissance

devoir

le cercle est une frontière

le cercle est un lien

un seul maître dirige avec des adjoints

Direction collégiale

pouvoir

dignité

landmark : règle ou frontière à ne pas dépasser

landmark : repère ou fondation sur lequel on construit

système fermé

système ouvert

société secrète

communauté sacrée

 

Nous voyons aussi comment il suffit de changer peu de choses pour que certains rituels vecteurs de spiritualité deviennent magico-sulfuro-théurgico-contre-iniatiques, aisément dévoyés par des sociétés secrètes factieuses, plus ou moins subversives. Ces déviances sont à juste titre visées par les interdits religieux et politiques. Ce dérapage arrive lorsqu’une pointe du compas glisse du centre ou de la périphérie, ou si les branches de l’équerre ne permettent plus de définir le centre du cercle.

 

La clé est le négatif de la serrure. L’initié, sachant lire et écrire, est capable de voir le positif et le négatif, s’il s’est élevé au ternaire, en dépassant la dualité, s’il maîtrise simultanément l’équerre et le compas.

S’il est capable de comprendre les projections, les rotations et les inversions, il saura reconnaître la clé dans le tableau qui lui est présenté : elle est visible en négatif.

« Nihil clavis deest ».

Par les exemples présentés, nous comprenons mieux comment le symbole n’étant pas univoque mais multi signifiant, il provoque une série de questions qui éveille notre inconscient à une nouvelle vision du monde.

 


 

ASSIDUITÉ – MORALE - ÉTHIQUE

 

 

Les règles morales, les vertus, le comportement éthique, peuvent être très différents d’un métier à l’autre. Les règles fondamentales des tailleurs de pierres ne sont forcément les mêmes que celles des maçons monteurs de murs, où celles des architectes. Certaines vertus peuvent s’opposer l’une l’autre, comme la liberté et la fidélité, la justice et l’égalité, la ferveur et la vérité. Par contre, sagesse, vérité et justice sont parfaitement compatibles, mais ne définissent pas de règles morales. Ces vertus sont difficiles à analyser. La Sagesse, principal attribut de Salomon, le Pacifique, est un équilibre parfait en toutes choses, or, la perfection n’est pas de ce monde! La Vérité était, avec l’équitation et le tir à l’arc, l’enseignement principal des jeunes princes perses sous Darius. Cette recherche de la vérité mène l’homme à voir au-delà des apparences, ceci entraînant, par une réflexion sur le monde de l’illusion, une référence au Bouddhisme. Nous avons déjà abordé que Bouddha enseignait au VIème siècle, soit à une époque voisine de Zoroastre et des autres grands penseurs, le tout à peu près contemporain de Cyrus. Quant à la Justice, nous savons à quel point elle est faillible, bien qu’indispensable. Juge-t-on des faits ou des hommes ? Doit-on confondre Justice avec l’exécution aveugle des lois, qui, même si elle correspondait à une réalité, serait sûrement égalitaire, mais au combien injuste. Or, qui est capable de peser le cœur de l’homme pour préjuger de sa culpabilité ? L’égalité, fondement même de la démocratie, repose sur la reconnaissance de l’autre, ce qui veut dire que certains sont reconnus, et d’autres non. Cette égalité repose sur un concept dont la définition même impose soit une exclusion, soit un nivellement général par nature profondément injuste. Pourtant, un certain nombre d’hommes ont été considérés comme des hommes justes, et le titre leur en est resté : Melkisédeq, roi de Justice.

On considère généralement aujourd’hui que la morale est basée sur des règles qui s’enseignent, alors que l’éthique est un comportement global, résultant de l’application des règles de cette morale.

Une part importante est toujours faite à l’assiduité comme l’une des principales vertus maçonniques. Mais, doit-on la considérer comme une règle morale, ou un comportement éthique ?

 

L’ésotérisme apparaît parfois davantage comme étant un état de reconnaissance où, ayant fait preuve d'un certain nombre de qualités, les autres vous remarquent et vous reconnaissent, vous acceptant alors comme compagnon. On trouve un sens analogue au rite de reconnaissance dans des traditions de type héroïque, où ce n'est pas un rite de passage qui permet à l'individu de changer de niveau, mais la réussite avec succès de certaines épreuves. Il peut ainsi démontrer au cercle des initiés qu'il a atteint leur niveau, et c'est alors par un rite de reconnaissance qu'il est agrégé au groupe. Nous sommes, à ce moment-là, non plus dans un système de rite de passage, mais dans un système de rite de maintenance. Nous en trouvons des exemples dans la tradition chevaleresque : lors de l'épisode où Perceval est rejeté par la cour du roi Arthur, ce dernier refusant de l'adouber, ce ne sera qu'après avoir vaincu le chevalier aux armes vermeilles et en avoir rapporté l'armure avec succès, que le roi Arthur acceptera de le reconnaître. Dans le cycle arthurien, les chevaliers de la Table Ronde, partis à la quête du Graal, ne se retrouvent en fait qu'une fois par an, au château de Camelot, pour la fête de la Pentecôte.

En effet, c'est par l'union répétée des cœurs, lors de la présence aux réunions, que se crée le lien qui nous réunit. En corollaire, les absences réitérées diluent ce lien de reconnaissance fraternelle, qui finit tôt ou tard par disparaître s’il n’est pas entretenu.

Il nous semble manifeste qu’à un certain niveau du processus initiatique, les règles morales des premiers degrés ont suffisamment imprégné l’impétrant pour qu’un comportement, une conduite de référence, se dégage, permettant aux adeptes de se reconnaître entre eux. Nous pouvons alors parler d’un comportement éthique qui trouve là enfin un mode d’expression. La sélection qui se fait à ce niveau de l’initiation est subtile. Ne trouvent là leur voie que ceux qui se sont déjà épanouis dans les degrés précédents, puis, ceux qui sont capables de transcender le respect des règles morales dans l’accomplissement d’un comportement éthique.

Les philosophes enseignent que l’éthique apparaît lorsque la morale devient gênante, et que pour ne pas s’en encombrer on se réfugie derrière un comportement qui s’en affranchit. Peut-être, mais il faut voir malgré tout le côté positif de cette assertion. Les liens qui tiennent un tuteur à son arbrisseau le cisaillent lorsque ce dernier atteint l’âge adulte.

Nous devons admettre que les règles ne sont pas les mêmes pour un individu en croissance et pour un être mature. L’astreinte d’une morale dûment codifiée peut faire place à l’application d’un comportement responsable. On peut passer de la culpabilité à la responsabilité.

Dans le même axe, les titres de noblesse s’acquièrent le plus souvent par la naissance, mais aussi parfois, et tout particulièrement à l’origine du système, par l’action, le mérite et le courage. Toutes les familles nobles sont issues de la roture. Toutefois, la dignité du noble chevalier peut se perdre par le manquement à l’éthique que l’on attend de son détenteur. Dans ce cas, ce ne sont pas les règles morales qui gouvernent.

À ce stade de l’initiation, on devient une référence, un modèle que nous devons assumer. Nous quittons la technique du métier, métier des armes ou autre pour pénétrer dans la profession. Celui qui a professé, prophète ou profès, déclare sa foi dans l’Ordre où il se trouve, et prend l’engagement d’assumer ses devoirs, en tant qu’homme dans la plénitude de son être de sa responsabilité et de sa sensibilité. De même, celui qui s’engage dans la profession prend une responsabilité de formateur, professeur, à l’égard de ceux auxquels il sert de référence.

La foi, l’espérance et la charité guident cet homme en quête de perfectionnement, quelle que soit sa religion.

On comprend que les trois vertus de niveau théologal forment un ensemble cohérent où, aucune règle morale n’est développée, seule l’éthique doit guider le comportement de celui qui n’est plus simplement un initié du métier, mais quelque chose encore au-delà.

Ceux qui restent dans la profession s’engagent, eux, sur les voies de la Providence, orientant l’homme vers sa délivrance qui ne s’accomplira définitivement qu’au jour du jugement dernier.

Nous venons de parler des voies de la Providence, ceci nous conduit à rappeler comment schématiser les différentes voies de la réalisation spirituelle.